Le numérique engendre des « hommes augmentés », nos futurs employés

La révolution industrielle a en son temps inquiété beaucoup d’observateurs : « les machines vont détruire des emplois !! » Et ils avaient raison de penser cela. Des emplois ont disparus. Les machines à vapeur ont peu à peu remplacé les hommes pour certaines tâches manuelles et répétitives.

Grâce aux nouvelles technologies de l’époque, de nouveaux usages sont apparus, de nouveaux métiers ont émergés, et le bilan global a finalement été positif, en tout cas pour ceux ayant réussi à s’adapter a ce nouveau contexte.

Aujourd’hui, la situation n’est pas différente avec la révolution numérique. Beaucoup de tâches s’automatisent. Les ordinateurs et autres calculateurs effectuent mieux et plus vite des tâches jusqu’alors confiées aux humains. Le risque est avéré : certains emplois vont disparaître, inévitablement. La seule grande différence selon moi réside dans le type de tâches qui sont retirées aux hommes pour les confier aux machines. Si ces tâches étaient plutôt d’ordre manuelles lors de la révolution industrielle, elles tendent à être de plus en plus cognitives avec la révolution numérique. Et cela va encore s’accélérer avec les progrès de l’intelligence artificielle, qui pourrait aller jusqu’à remplacer des tâches jusqu’alors strictement réservées aux humains : réfléchir, décider, anticiper,…

Nul doute que le domaine de l’art, dont on ne voit pas comment il pourrait échapper aux humains, sera également rattrapé tôt ou tard.

Google a présenté il y a peu le premier morceau de musique créé par son intelligence artificielle.

Un autre robot est parvenu à peindre un nouveau tableau de Rembrandt.

Afin d’illustrer tout cela de manière un peu plus actuelle, prenons l’exemple d’une recherche d’ouvrage dans une bibliothèque. Le simple fait de se rendre dans une bibliothèque est aujourd’hui devenu bien plus rare. Nous pouvons donc nous poser la question de la pérennité de telles structures, au profit de Wikipedia, et d’Internet en général. Il est inévitable pour ces acteurs touchés de plein fouet par la transformation digitale de s’adapter. Pour cette bibliothèque, il s’agira de numériser ses œuvres, de reconcevoir son business model, afin que celui-ci s’adapte aux attentes et besoins nouveaux de ses clients : recherche en ligne, support numérique, consultation en ligne, copies numériques…

Alors comment appréhender cette inéluctable évolution ? Comment s’adapter ? Sommes nous condamnés sur le marché du travail dans les années à venir si notre QI est inférieur à 180 ?

Volkswagen robot UR5Je ne pense pas qu’il faille avoir peur de ces évolutions technologiques. Les humains apprendront toujours à travailler avec les machines, et sauront toujours trouver leur place. Il ne faut pas avoir peu du progrès, il faut simplement le maîtriser.

Les diverses automatisations possibles ne doivent pas être prises comme des menaces, mais plutôt comme des opportunités pour les hommes de déléguer certaines tâches, pour aller plus loin, plus vite ou plus en profondeur.

Reprenons notre exemple de la bibliothèque. Ayant numérisé l’ensemble de ses œuvres, et ayant formé son personnel à l’usage de l’outil informatique. Il apparaît évident que le personnel a économisé du temps, qu’il peut désormais consacrer à des tâches a plus forte valeur ajoutée que de chercher ou classer un ouvrage sur un rayon. La bibliothèque peut proposer d’autres services, d’autres offres à ses clients. Un étudiant faisant une thèse sur un sujet pourra trouver toutes les références dont il a besoin et les classer en 10 minutes, lui laissant ainsi plus de temps pour les analyser et en tirer le meilleur. Peut être fera t-il plus de découvertes que s’il avait du passer des heures voir des jours à chercher les ouvrages.

Il y a finalement plusieurs manières de fonctionner avec les machines :

  • Leur confier des tâches qu’elles font mieux que nous, afin de nous concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée (exp : Le classement des documents dans la bibliothèque)
  • Travailler simultanément avec elles, afin d’aller plus vite.  Je prends l’exemple ici des ingénieurs informaticiens qui travaillent au sein de mon entreprise : j’ai été stupéfait de voir les outils utilisés pour taper du code. Les lignes s’écrivent 10 par 10, grâce à des systèmes intelligents. Le système comprends ce que le développeur est en train de taper, et anticipe les prochaines lignes.
  • Travailler à l’anticipation des machines : C’est le système automatisé qui effectue tout le travail, et l’humain est « l’intelligence supérieure » capable d’anticiper une erreur, rectifier, ou d’apprendre à la machine
  • Concevoir les machines

Demain, au sein de nos entreprises, nos salariés seront « augmentés », grâce à l’utilisation des technologies.  Nous aurons des concepteurs de systèmes automatisés, des « contrôleurs » de machines, des salariés en charge d’effectuer le travail assistés par des machines, et enfin d’autres s’appuyant sur des systèmes intelligents pour les remplacer, et finalement acquérir d’autres compétences et apporter une valeur ajoutée supplémentaire.  Nul doute que nos entreprises iront donc plus vite et plus loin dans leur proposition de valeur. Le progrès impact directement notre efficacité, notre productivité, et notre capacité à innover. Tout est question d’adaptation. (Est ce que les VTC feront la grève lorsque les Google Car vont débarquer ? Ou vont-ils prendre en considération l’innovation technologique pour s’adapter et trouver leur place ?)

Il est bien beau de légiférer contre les innovations AirBnB, Uber et consorts, mais je doute que cela aille ni dans le sens de l’histoire, ni dans le sens du progrès, ni dans l’intérêt des consommateurs qui voient leurs besoins changer, et des gouvernements ne pas être à l’écoute. Nous devrions plutôt dépenser notre énergie à réinventer des business model pour ceux qui peinent à s’adapter par conservatisme, plutôt que de freiner ceux qui innovent. Mais le sujet de cet article n’est pas politique, revenons à notre sujet…

Il y a quelques années, dans mon entreprise, j’ai imaginé un logiciel,  qui permettrait d’automatiser les tâches ayant le moins de valeur ajoutée pour les community manager. Ce logiciel a aujourd’hui une existence réelle (www.sociallymap.com). Ce n’est qu’avec le recul que je me dis que le timing est bon, que cela va dans le sens du progrès.

Pendant la première année de commercialisation, j’ai beaucoup entendu les community manager (ou responsable communication), dire que ce type de logiciel n’avait pas d’avenir, car les réseaux sociaux était quelque chose pour les humains, qu’aucune machine ne pouvait les aider. En réalité, il s’agissait surtout d’une peur que le logiciel ne prenne leur place. Au fur et à mesure, mes interlocuteurs ont changé de discours. Les community manager réticents de l’époque n’avait pas compris qu’en réalité, seule une partie de leur travail était effectivement « irremplaçable », et que beaucoup de tâches étaient réalisées de manière mécaniques. Aujourd’hui j’entends beaucoup de phrase comme « Avec Sociallymap, j’ai énormément gagné en productivité, j’arrive à me libérer du temps pour créer plus de contenu, engager la conversation avec plus de followers, réfléchir plus posément à la stratégie globale de communication ».  Cela va même au delà de mes attentes puisque certains de nos clients mettent en place des stratégies d’employee advocacy ou de social selling auxquelles nous n’avions même pas pensé en créant le logiciel. Ces stratégies n’étaient absolument pas gérables sans un outil ou un logiciel performant. C’est selon moi le sens du progrès.

Nos clients Sociallymap ont je pense aujourd’hui un net avantage sur leurs concurrents n’utilisant pas notre solution, et nous n’avons aucun licenciement sur les mains, bien au contraire ! Les community manager existent toujours, mais sont simplement plus performants. Ils sont gagnants, leurs entreprises aussi.

Cela est bien la preuve qu’il ne faut pas avoir peur du progrès. Il est indispensable d’évoluer avec la technologie, d’en appréhender les possibilités, et de s’adapter. D’autant plus sur un secteur comme le mien, le numérique, ou les choses évoluent extrêmement vite. Les ordinateurs prennent de plus en plus de places et nous remplacent de plus en plus vite. Il est évident que nous devons tous nous adapter pour devenir des hommes « augmenté » et tirer profit de ces évolutions. Cela passe par de l’apprentissage, un cadre de travail favorable, le soutien des direction et bien d’autres critères ! Sans l’augmentation de nous même grâce aux technologies, c’est le mur qui va se présenter rapidement devant nous. A l’inverse, les possibilités des hommes augmentés sont illimitées ! Surement qu’un juste milieu existe… A méditer !

ironman_ux

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