Le mythe de la grosse communauté
Nombreux sont ceux qui ne s’appuient que sur la taille des communautés pour juger de la notoriété d’une marque, de la réussite (ou non) de ses opérations social marketing, de son efficacité ou encore plus incroyable, de son ROI (Return on Investment).
Il n’est pas rare lors de mes rendez-vous, principalement en prospection, de devoir répondre aux fameuses questions : « Combien de fans ou de followers pouvez-vous m’apporter ? En combien de temps ? » Dans un monde idéal et utopiste, je n’aurai plus besoin de mettre les courbes de gain de followers ou de fans dans mes reporting… J’exagère un peu volontairement car ces statistiques sont tout de même importantes, mais considérablement moins que des données concernant l’engagement des membres de la communauté. Ce nombre, ou cette « taille de communauté » ne sert en fait à mon avis qu’à avoir de la crédibilité au premier coup d’oeil, lors de la première visite d’un internaute sur le profil/page en question. J’aime a faire de temps en temps lorsqu’on me pose ces questions, une petite démonstration assez explicite : Tapez dans Google « Buy Followers » ou « Buy Facebook Fans » (acheter des followers ou des fans) les résultats sont véritablement remplis de services proposant ces achats de communautés. Cette démonstration pour appuyer le fait que le « nombre » n’a pas d’importance, ou peu devant la notion d’engagement et qu’il n’est finalement pas compliqué d’acquérir ces fans. Ce qui l’est plus en revanche, c’est d’en tirer profit.
Sur une page Facebook…
Prenons l’exemple de Facebook, cela parlera au plus grand nombre d’entre vous je pense. Lorsque vous avez une Fan Page, avec disons 100 fans. Ces fans vous aiment, c’est certain, mais ils ne sont pas exclusifs, ils aiment également d’autres pages. Ils peuvent aimer pour certains jusqu’à des centaines de pages. La question qui se pose alors est la suivante : Si chacune des pages publient une information, laquelle de ces information sera visible sur le mur du fans qui a liké 150 fan page ? L’embouteillage de publications n’est pas envisageable… Facebook fait donc un tri dans le contenu à afficher (je comprends votre déception…). Cela est le même fonctionnement qu’avec les « amis » : Toutes les publications de vos amis ne s’affichent pas sur votre mur. Dans ce domaine, dieu s’appelle EdgeRank : L’algorithme de Facebook qui décide (ou non) d’afficher votre contenu sur le mur de vos fan.
Ainsi, lorsque vous publier un contenu sur votre page, seulement un certain pourcentage de vos 100 fans le voient. Le but ultime des médias sociaux n’est donc pas comme beaucoup le pense de publier beaucoup, mais bien de rendre visible ses publications. Que diriez-vous si seulement 30% des personnes que vous ciblez lors d’un emailing recevaient le mail ? La problématique est la même.
Vous l’avez compris, il est indispensable de travailler son EdgeRank. Alors comment être un bon élève selon Facebook ?
- Publier du contenu engageant : donnant naissance à des interactions (like, clics divers, commentaires, partages, …)
- Répondre rapidement aux commentaires : La notion de vitesse est prise en compte dans EdgeRank
- Etre régulier dans les publications
Par A+B …
Voici la démonstration (vulgarisée) de ce qui se passe trop souvent :
Vous avez une page de 100 fans, active, qui génère des interactions. Vous avez un bon score Edgerank et vos publications sont vues. Vous estimez que 100 fans n’est pas assez, vous décidez donc d’en acquérir 100 de plus, par quelques moyens que ce soit. Si ces 100 fans supplémentaires ne sont pas qualifiés, pas engagés, en d’autres termes pas vraiment fans de votre marques (car vous les avez dragués avec un jeux concours ou une quelconque opération séduction), alors votre taux d’interactions sur vos post ne change pas : Seuls les 100 fans initiaux sont réactifs à vos contenu. Le nombre de fans ayant doublé, le pourcentage de fans engagés a par conséquent chuté de moitié. Cela a fortement dégradé votre score Edgerank et vos publications ne s’affichent plus, ni sur les nouveaux fans, ni sur les anciens. Cette démonstration est un peu vulgarisée, mais c’est à peu près ce qu’il se passe sur beaucoup de pages fan.
Le fonctionnement n’est pas exactement le même sur Twitter car « temps réel », mais l’engagement est également beaucoup plus important que la taille de la communauté. Le fonctionnement expliqué ci-dessus pour Facebook est par contre quasiment le même sur Google+, ou le « mur » des internautes n’est pas extensible à volonté pour afficher l’intégralité des publications, un tri est fait.
Les nouveaux outils de statistiques Facebook vont d’ailleurs dans ce sens, sans doute pour sensibiliser sur la notion d’engagement et diminuer cette course aux fans à laquelle beaucoup s’adonnent. Je ne vais pas rentrer dans les détails des nouveaux insights Facebook, je vous laisse lire mon dernier article sur Locita à ce propos : Facebook sort les nouveaux insights. Pour mesurer la performance de vos publications et l’engagement de votre communauté, vous pouvez utiliser de soutils tels que Crowbooster (pour twitter), Agorapulse (pour Facebook) ou encore Edgerank Checker.
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